L'objectif de ces entretiens est de discuter avec des membres seniors de l’ILCB  et de la Fed3C sur trois thèmes principaux:

1) Parcours scientifique : Comment en es-tu arrivé à t’intéresser à ton thème de recherche ? À le développer ? Quelles sont les personnes qui ont joué un rôle marquant dans ta carrière scientifique ?

2) Dynamique de la science : Comment perçois-tu l’évolution des modèles scientifiques dans ton domaine ? Comment tes recherches se situent-elles par rapport aux modèles dominants ? À ton avis, comment ces modèles ont-ils évolué au cours de ta carrière ?

3) Evolution du métier de chercheur·se/d’enseignant·e-chercheur·se et des pratiques : Comment perçois-tu l’évolution de ton métier ? Quels sont les changements principaux que tu as notés ? As-tu la même envie de faire de la recherche maintenant que lorsque tu as commencé ?

Ces entretiens se veulent conviviaux avec une valeur de témoignage. Ils ont été réalisés par Mireille Besson et Vincent Hok, respectivement chercheuse et enseignant-chercheur en neurosciences cognitives.

 

 

 

Philippe Blache

Après avoir suivi un double cursus en informatique et en linguistique, j’ai obtenu mon doctorat d'informatique en 1990, dans le domaine du traitement automatique des langues naturelles, entre Montréal et Marseille. J’ai ensuite été ingénieur de recherche à l’EPFL (Lausanne) avant d’obtenir un poste de Maître de Conférence l'Université de Neuchâtel (Suisse). J’ai intégré le CNRS en 1993 et ne l’ai plus quitté. J’ai eu au cours de ma carrière plusieurs responsabilités : directeur du laboratoire 2LC à Sophia Antipolis, puis du laboratoire LPL à Aix, directeur du Labex BLRI puis de l’Institut Convergence ILCB. J’ai également assuré de nombreux mandats électifs à l’Université comme au CNRS.

Mon domaine de recherche est la communication humain-machine en langage naturel, je travaille plus particulièrement sur la modélisation et le développement de systèmes permettant de décrire les processus d'interaction. Mes travaux portent actuellement sur l'étude de l'interaction naturelle multimodale, l'analyse des facteurs de complexité du traitement linguistique, leur modélisation et leurs bases cérébrales. Je réfléchis au développement d'une théorie générale du langage permettant notamment de répondre à ces problématiques. J'ai été responsable de nombreux projets de recherches, dont l'un a conduit à la création d'une start-up dans le domaine de l'aide à la communication pour personnes handicapées.

L'entretien

 

 

 

 

Bruno Poucet

Après un doctorat obtenu en 1981 et un séjour de recherche postdoctorale au Canada et aux USA, j'ai été recruté au CNRS en 1985. Promu directeur de recherche en 1996, j'ai pu animer une équipe de recherche centrée sur les bases neurales de la cognition spatiale, qui s'est développée petit à petit et compte actuellement une dizaine de membres. De 2002 à 2017, j'ai dirigé le Laboratoire de Neurosciences Cognitives de Marseille, et de 2008 à 2017 l'Institut Fédératif de Recherche "Sciences du Cerveau et de la Cognition".

Mon domaine de recherche concerne les bases cérébrales de la navigation et de la mémoire spatiale chez les rongeurs. Le réseau neuronal étudié comprend l'hippocampe et plusieurs régions corticales dont le rôle est étudié grâce à différentes techniques incluant entre autres l'inactivation de régions cérébrales spécifiques et l'enregistrement de l'activité électrophysiologique unitaire chez l'animal en comportement. Je me suis particulièrement intéressé à la façon dont les cellules principales de l'hippocampe sont impliquées dans la navigation spatiale et dans la mémorisation des emplacements qui constituent le but des déplacements orientés. Dans le même esprit, j'ai aussi travaillé sur les activités neurales du cortex préfrontal. Au fil des années, le réseau qui m' a intéressé s'est étendu à de nombreuses autres aires cérébrales (cortex visuel, pariétal, et dernièrement rétrosplénial, ainsi que différents noyaux thalamiques). J'ai aussi eu la possibilité de développer une activité de modélisation grâce à plusieurs collaborations avec des ingénieurs et des roboticiens. Bien qu'à la retraite depuis quelques mois mais ayant obtenu l'éméritat, je continue à participer de façon épisodique à l'activité scientifique de l'équipe !

L'entretien